jeudi 5 mai 2011

Flash-mobs pour sauver l'allemand

Demain,  6 mai à 18 h a lieu à Reims l'inauguration des 800 ans de la cathédrale, un événement inscrit dans l'agenda 2020 de la coopération franco-allemande.

Au même titre, on trouve dans cet agenda, la nécessité de soutenir la langue du partenaire.
A ce titre, les flash-mobs simultanées veulent dénoncer la suppression progressive de l'enseignement de l'allemand à l'école, un état de fait en contradiction avec les discours politiques.

Pour ce faire, nous vous invitons à vous rassembler  à 18 H devant l'église ou la cathédrale de votre préfecture, vêtus en noir - rouge - jaune et à faire une ronde silencieuse ou un sitting silencieux d'un quart d'heure puis à photographier ou à filmer l'action et à envoyer un bref compte-rendu accompagné de photos ou de vidéos au collectif.


Pour que vive l'allemand et que l'enseignement des langues reste divers dans notre pays !

dimanche 3 avril 2011

Le sacre de Reims et l'abandon de l'allemand, une double lecture de l'agenda 2020

A un mois de la cérémonie d'inauguration des 800 ans de la cathédrale de Reims, l'événement commence à être médiatisé et le journal de 13 heures de France 2 a, cette semaine, consacré son feuilleton hebdomadaire à l'événement sous le titre « Le sacre de Reims » : histoire de la construction de la cathédrale, destruction lors de la guerre, préparatifs du huitcentenaire avec la pose de nouveaux vitraux et répétitions de la maîtrise de la cathédrale de Reims ... Cumulées sur l'ensemble de la semaine, plus de 20 minutes pour célébrer l'édifice.

Un documentaire qui, on peut le présager, ne sera que le premier pas vers une médiatisation plus large de l'événement, un événement qui, au delà de sa dimension champardennaise et nationale, revêt un caractère européen, grâce à sa surprenante place dans l'agenda 2020 de la coopération franco-allemande.

Qu'est-ce que l'agenda 2020 me direz-vous ?

Il s'agit du énième plan de relance de la coopération franco-allemande, signé en février 2010, lors du 12ème conseil des ministres franco-allemands.
Angela Merkel et Nicolas Sarkozy y ont établi une feuille de route pour les 10 prochaines années avec une priorité accordée aux liens étroits entre la France et l'Allemagne comme le prouve cet extrait du compte-rendu de l'an passé :

« Nous voulons que la coopération franco-allemande, dont nous sommes les dépositaires et que nous avons le devoir d’approfondir, se renforce et s’étende. Nous sommes convaincus que l’entente étroite entre nos deux pays doit reposer davantage sur le développement des liens entre les deux sociétés civiles, notamment le développement des échanges entre les jeunes des deux pays. L’éducation, la formation et la recherche sont d’une importance primordiale pour notre avenir et nous sommes résolus à y travailler ensemble. Le renforcement concret des liens entre les sociétés civiles française et allemande sera une priorité de notre coopération bilatérale au cours des années qui viennent. »

C'est à ce titre que les 800 ans de la cathédrale de Reims figurent dans l'agenda :


« Faire des 800 ans de la Cathédrale de Reims en 2011 et de l’inauguration des vitraux créés par un artiste allemand un événement symbolique de la coopération franco-allemande »

Il faut se souvenir qu'au titre de la réconciliation franco-allemande, le général de Gaulle et le chancelier allemand Konrad Adenauer, avait déjà en 1962 effectués une visite commune à Reims, dont la cathédrale avait été sévèrement détruite par les allemands.

Gageons que dans un mois, les secrétaires généraux à la coopération franco-allemande Laurent Wauquiez côté France et Werner Hoyer pour l'Allemagne, feront le déplacement dans la cité rémoise pour siroter une coupe de champagne et déguster quelques biscuits rose aux frais de la princesse sous les flashs des journalistes dépêchés pour l'occasion à médiatiser la bonne santé des liens France-Allemagne.

Pendant ce temps, dans leurs établissements respectifs, les professeurs d'allemand de l'académie et de l'hexagone, continueront dans l'ombre, leur travail de fourmis, pour faire vivre la langue allemande dans leurs classes, malgré la dégradation de leurs situations.

Et pourtant, au même titre que le huitcentenaire de la cathédrale, le soutien à l'enseignement de la langue du partenaire figure dans l'agenda :

- « l’apprentissage de la langue du partenaire doit être encouragé et soutenu ... » 
- « D’ici 2020, nous voulons que, parmi les élèves de l’enseignement secondaire, un Français sur deux ou un Allemand sur deux ait visité au moins une fois l’autre pays ; à cette fin, nous appelons les établissements secondaires, à intensifier leurs efforts »

Pourtant, ces 2 points de l'agenda sont loin d'être la priorité de nos dirigeants. Restrictions budgétaires dans la fonction publique oblige, l'allemand, n'a même jamais été aussi touché; Jusqu'à alors, les suppressions de postes et de groupes étaient justifiées par les sous-effectifs. Désormais, on ne fait plus dans la dentelle et on supprime tous les projets innovants des dernières années qui faisaient vivre l'allemand à l'école : initiation au primaire, classes bilangues, sections européennes …
Comment alors imaginer possible qu'un jeune français sur 2 ait visité l'Allemagne d'ici 2020 ?
Pour sûr, les points de l'agenda concernant l'enseignement, s'ils sont les plus évidents, sont loin d'être la priorité.

On pourra se targuer en 2020 d'avoir eu un beau huitcentenaire en taisant la disparition de l'enseignement de l'allemand à l'école !

pour découvrir le documentaire de France 2 : feuilleton "le sacre de Reims" ( l'intégrale)

samedi 19 mars 2011

Le paradoxe de l'allemand, un paradoxe bien français

Lorsqu'en haut-lieu, on n'ignore rien du « paradoxe de l'allemand » !


Dans un rapport d'information daté de l'année 2003, Monsieur Jacques Legendre, sénateur Ump du Nord, analysait déjà le paradoxe de l'allemand et pointait la nécessité de soutenir l'allemand à l'école.
Il y constatait que l'allemand était « en passe de devenir une langue rare et sinistrée » en constatant la baisse en pourcentage du nombre d'apprenants : en LV1, de 14 % dans les années 70 à 8 % dans les années 2000 ; en LV2, de 36 % dans les années 70 à 13 % en 2001.
Il se déclarait préoccupé par cette situation pour diverses raisons :
  • la place importante de la langue allemande en Europe ( 1ère langue maternelle et poids renforcé avec l'élargissement de l'union européenne vers les pays de l'Est) et l'importance d'un couple franco-allemand solide car moteur de l'Europe
  • la qualité de la coopération franco-allemande dans le milieu éducatif ( succès des dispositifs pédagogiques tels l'Abibac, les programmes d'échanges individuels, les échanges scolaires, l'OFAJ) et hors du cadre scolaire par le biais des jumelages.
  • les attentes et les besoins du monde économique : l'Allemagne est notre premier partenaire commercial ( 50% de nos échanges commerciaux, 350 000 personnes travaillent grâce aux échanges France-Allemagne, la France est la destination touristique de nombreux allemands, la langue allemande est la deuxième langue la plus recherchée sur le marché du travail français et les besoins ne sont pas satisfaits)
Face à ce constat, il soulignait que le manque de germanistes était négligé par le système scolaire. Jacques Chirac, alors président de la République, s'accordait sur ce point déclarant que « la connaissance de la langue du partenaire [était] la condition fondamentale d'une coopération efficace entre les deux pays. Lui aussi semblait gêné par le paradoxe de l'allemand et relevait que « le seul point un peu préoccupant [dans] la coopération de plus en plus intime [entre les deux partenaires] touchait la compréhension mutuelle des langues respectives. »
C'est alors qu'avec Gerhard Schröder, il avait lancé plusieurs initiatives dont la semaine franco-allemande pour promouvoir l'allemand « durablement »
Depuis, quelques années se sont écoulées et le paradoxe de l'allemand est toujours là, de plus en plus prégnant, l'Europe élargie à l'Est ne parle pas davantage la langue de Goethe, la coopération franco-allemande est toujours affichée comme une priorité. De nombreuses initiatives voient le jour ( certifications, nouveaux échanges individuels, rencontres franco-allemandes …) et a son agenda pour 2020. Pourtant, à l'école, malgré l'investissement des enseignants qui arrivent, petit à petit, à mobiliser à nouveau des élèves, les classes de germanistes ferment parce qu'elles restent, malgré tout, moins rentables que les autres. Dans le monde du travail, on continue à déplorer le manque de germanistes, à embaucher à prix d'or les rares candidats et à devoir former les employés alors que nombre d'enseignants d'allemand se voient contraints de se reconvertir sans aide ou d'enseigner dans des conditions dégradées.

Le paradoxe de l'allemand, un paradoxe bien français !


Quelques commentaires des derniers signataires sur la pétition en ligne ( clic !) souligne bien ce paradoxe :

« Qui occupera les centaines de postes dans les entreprises allemandes implantées en France laissés vacants faute de candidats germanistes? »

« Dans le recrutement, c'est bien sur des langues comme l'allemand que se fait la différence ! »

« De nombreux postes ne sont pas pourvus faute de ne pas connaitre l'Allemand . Trés important au niveau européen (industrie, chimie recherche diplomatie , maintenant tourisme ) c'est une erreur monumentale de ne pas encourager l'enseignement de l'Allemand »

« Parler l'allemand a toujours été un atout pour ma vie professionnelle. C'est une chance qui devrait etre donnée aux générations d'aujourd'hui. »

« De nombreux postes (entre autres de techniciens) demandent de connaitre l'allemand! une fois de plus nous ne serons pas à la hauteur,quand plus personne ne parlera allemand. »

«  La maîtrise de la langue allemande m'a permis de trouver facilement mon premier emploi, en 1991... »

« Je constate tous les jours par mes études et mes recherches de stage qu'il est essentiel de savoir parler les langues étrangères. L'anglais offre des opportunités, l'allemand aussi ! »

jeudi 17 mars 2011

Le quotidien aubois l'Est-Eclair, nouveau relais pour notre action

Mardi dernier, une journaliste du journal aubois l'Est-Eclair, s'est intéressée à notre mouvement, interviewant l'une des membres de notre collectif.
Aujourd'hui dans la presse, un article d'une demi-page se fait l'écho de notre message.

A lire en ligne : l'allemand peut-il être sauvé ? 

vendredi 11 mars 2011

De la poudre aux yeux ?

Les problèmes en allemand ne touchent pas que l'académie de Reims, la preuve avec ce témoignage d'une enseignante de l'académie de Nantes, qui, une nouvelle fois, souligne les contradictions du système.


Professeur d'allemand dans un lycée du Mans, j’ai la chance d’enseigner la langue et la littérature allemande dans une toute nouvelle section Abibac ouverte en septembre dernier, sur la proposition de notre inspectrice. Il me semble important, pour bien mettre en relief ce qui suit, de souligner que cette création s’est faite sous l’impulsion de l’institution, et non des professeurs, même si nous nous sommes bien entendu fortement impliqués dans le projet dès que l’idée nous a été soumise et nous impliquons encore pour recruter des élèves, nombreux à être intéressés par cette possibilité de passer un double bac français -allemand.
Après la section de Nantes ouverte en 2006, celle du Mans en 2010, des moyens sont mis en oeuvre pour ouvrir, à la rentrée prochaine, une troisième section à Angers.

Quant aux classes européennes, nous savons tous les succès qu’elles rencontrent, il en existe une dans le lycée voisin au nôtre, avec des collègues qui s’engagent et contribuent à un recrutement important.

L'allemand se porte donc bien dans l'académie de Nantes ?

NON !!! Car si on monte des sections "poudre aux yeux", on sape le travail des collègues en collège et on ne donne pas les moyens horaires aux classes bilangues de fonctionner. Sans compter les tentatives de supprimer l'allemand LV2 en quatrième.

Nous entendons régulièrement les collègues se plaindre de ne pas avoir été autorisés à passer dans les classes de CM2 pour promouvoir l’apprentissage de l’allemand, sans parler bien sûr de l’inexistence de l’enseignement de l’allemand en école primaire…
Pour ce qui est des classes bilangues, il n’y a à ma connaissance aucun collège de l’académie qui ait dans sa DGH 6 heures pour dispenser les enseignements de LVA et de LVB, alors que ce sont les horaires préconisés pour un bon fonctionnement de ce concept.

L’enseignement de la LV2 est menacé depuis longtemps déjà par le classique « Anglais LV1 – espagnol LV2 », il ne faudrait pas oublier que d’autres langues – parlées par nos partenaires et voisins européens – sont proposées : l’italien et l’allemand ...

Dans un des collèges dont nous accueillons les élèves ensuite au lycée, l’allemand LV2 a été sauvé « de justesse » pour 2011-2012, uniquement parce que les professeurs principaux avaient déjà demandé aux enfants – et aux parents- quelle LV2 ils souhaitaient apprendre l’an prochain, et qu'il y avait suffisamment d'élèves pour maintenir un groupe ! Mais si ces demandes n’avaient pas été faites aussi tôt, on fermait tout bonnement, sans consulter les principaux intéressés : les élèves !

Tout cela, vous le savez sans doute, ce sont certainement des « anecdotes » que vous avez entendues, mais cela me semble fort peu cohérent avec les affichages politiques européens et surtout franco-allemands !

Quelles visées à moyens termes ?

Je dois avouer que je m'interroge vraiment sur les visées à moyens terme de cette politique:

Veut-on recréer des classes d'élite avec l'allemand en ne rendant accessible l'allemand qu'aux « bons » élèves ? S'enfonce-t-on dans le formatage et l'enseignement a minima ?

OUI au développement des classes européennes, OUI à la création de sections Abibac

MAIS QUI ACCUEILLERONS-NOUS DANS CES SECTIONS SI L’ALLEMAND DISPARAIT EN COLLEGE ?!

La situation dans notre académie n'est pas pire, je pense, que dans les autres, mais je suis personnellement face à des collègues de collège qui se battent au quotidien, qui s’investissent énormément et voudraient nous envoyer des élèves, mais me disent que leurs classes sont menacées.
Quelle cohérence ? Quelle réelle volonté politique ? A quoi sert de donner des moyens à des sections 'spécialisées' (où les élèves s'éclatent, il faut le dire aussi ! Ce sont eux nos meilleurs ambassadeurs !!) s’il n'y a plus d'allemand en collège ?!

mercredi 9 mars 2011

5000 signatures en ligne !

Aujourd'hui, la pétition en ligne vient de dépasser les 5000 signataires : enseignants, chercheurs, parents, étudiants, personnalités investies dans les relations franco-allemandes, élus, s'unissent pour soutenir la langue allemande à l'école.

Rejoignez les en signant à votre tour l'appel lancé par le collectif "sauver l'allemand" le 13 février dernier.

Un petit clic !

dimanche 6 mars 2011

A bas les clichés : le Français, nul en langues !


Nous, les français sommes "nuls en langues", comme on le répète souvent en fanfaronnant avec un certain plaisir et disons le franchement, pour généraliser notre propre incompétence en la matière.


Alors, il y aurait une sorte de prédestination du Français à être « nul en langue », une fatalité qui pèserait sur la France et qui ferait que, de génération en génération, quelque soient les moyens mis en oeuvre, le Français ne pourrait pas apprendre convenablement les langues.




Non, si nous ne faisons pas d' étincelles, il y a des raisons plus rationnelles et sur lesquelles on peut sans aucun doute agir.

Lorsqu'on parle de langues en France, c'est avant tout à l'anglais que l'on pense. C'est d'ailleurs la première langue à laquelle on confronte les élèves, dans un but louable de maîtrise plus rapide de la langue de communication à l'international.

Pourtant, l'anglais est, pour le Français, très éloigné de sa langue d'origine, plus proche des langues latines telles l'espagnol ou l'italien et comporte de nombreuses difficultés, de l'aveu même de natifs anglophones tels Theodore Roosevelt ( orthographe déconnectée de la prononciation, souvent imprévisible, nombreux idiomatismes) bien plus encore que d'autres langues anglo-saxonnes telles l'allemand. Ainsi, la première langue à laquelle le petit Français est mis en contact, le place dans une situation de difficultés, qui souvent provoque des blocages.

Et encore davantage lorsque dans les médias, on compare la situation en France à celle de nos voisins européens, sans prendre en compte certains facteurs essentiels à la lecture des chiffres fournis, comme le faisait encore le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé au début du mois de février dans un article intitulé «  les Français must speak english ».

Comparer la France au Danemark, à la Finlande ou aux Pays-Bas dans l'apprentissage de l'anglais est une aberration à deux niveaux : d'abord, ces pays sont de petits pays, dont la langue n'a jamais eu de rôle prépondérant au niveau international et qui donc ont depuis longtemps la nécessité d'utiliser l'intermédiaire de l'anglais dans leurs relations au monde. Ensuite, les langues maternelles de ces pays sont originaires du même groupe que l'anglais, d'où la plus grande facilité à acquérir les structures et le lexique pour ces pays. Si la langue internationale était l'espagnol, pas sûr que les petits Danois ne dépassent les petits Français dans la grande course à la maîtrise de LA langue indispensable.

A la fin des années 90, une autre voie avait été envisagée pour l'apprentissage des langues chez les plus jeunes, car il est unanimement reconnu qu'une confrontation précoce à d'autres langages favorise leur apprentissage. Il s'agissait du projet Evlangues.

Cette voie ne plaçait pas l'anglais en position de quasi-monopole à l'école primaire mais permettait une découverte de multiples langues. Le but était de préparer à l'apprentissage ultérieur des langues, grâce à un enseignement transdisciplinaire puisque la découverte des langues pouvait se faire dans le cadre de nombreuses disciplines ( musique, histoire, arts, français …). Cette découverte pouvait de plus se faire dès la maternelle sans aucune difficulté, ni pour les enfants, ni pour les maîtres puisque l'éveil aux langues ne nécessitait pas un réel niveau en langues pour les professeurs des écoles.
Grâce à l'éveil aux langues, chaque élève pouvait découvrir et observer des langues telles le vietnamien, le polonais, le coréen, le portugais à côté des langues plus traditionnellement enseignées dans les collèges et les lycées.
Les avantages étaient multiples : l'enfant s'ouvrait à la diversité linguistique et culturelle et pouvait se motiver pour l'apprentissage des langues même si certaines ne lui plaisaient pas. Il pouvait également développer ses capacités de raisonnement et d'observation de sa propre langue.
Arrivé au collège, il commençait alors l'apprentissage plus approfondi d'une puis de deux langues vivantes.
Cette expérimentation a malheureusement été rapidement abandonnée pour mettre en place l'apprentissage de l'anglais dès le primaire dans la très grande majorité des écoles françaises.



De même, l'apprentissage bilangue anglais – allemand, qui participait à la même démarche d'interdisciplinarité et de mise en parallèle de deux langues, semble lui aussi avoir désormais du plomb dans l'aile.
Pourquoi ? Parce que l'esprit de la classe bilangue n'est que très rarement respecté par les établissements et par les enseignants. Il s'agirait dans l'idéal, que les deux professeurs de langue travaillent ensemble, en parallèle avec des approches communes, des outils partagés, des évaluations concertées pour permettre aux élèves de voir la cohérence qui existe dans l'apprentissage des langues. Les manuels scolaires sont d'ailleurs conçus pour pouvoir respecter cet esprit. Dans la réalité, la deuxième langue du binôme devient secondaire par rapport à l'anglais, jusqu'au point où parfois les horaires normalement équitables sont déséquilibrés.
A l'origine la bilangue était une bilangue anglais – allemand et cette association avait une vraie raison d'être puisque les deux langues sont « cousines » et l'apprentissage de l'une peut favoriser celui de l'autre et vice-versa. Par la suite, on a mis en place des bilangues anglais – espagnol alors que le parallèle entre les deux langues n'a que peu d'intérêt linguistique.
Encore un moyen de conforter l'hégémonie de l'anglais et de tuer toute logique dans un concept qui pourtant aurait pu, au même titre que l'éveil aux langues à l'école primaire, favoriser l'apprentissage de l'anglais et de l'allemand au collège.



Alors, si les français sont « nuls en langues », à qui la faute ? Au destin ? Aux enseignants de langue ? Ou à l'institution qui faute de savoir ce qu'est une langue choisit une politique en calquant des modèles d'apprentissage de l'anglais appliqués chez nos voisins, sans réfléchir à la réalité de notre pays, de notre langue ...

samedi 5 mars 2011

Rendez-vous sur Champagne FM

Certains champenois fidèles à leur radio locale, en ont peut-être déjà entendu un extrait.

Lundi, l'intégralité de l'interview réalisée pour la radio Champagne FM au nom du collectif "sauver l'allemand" sera diffusée à 12H30 et rediffusée dans la journée.

Tous sur les ondes !

mercredi 2 mars 2011

La fin de l'allemand à l'école publique accelérera t-il la fuite vers le privé ?

Un deuxième débat aujourd'hui, s'appuyant à nouveau sur les commentaires nombreux de la pétition en ligne. Après l'inquiétude quand au choix de la LV2, les signataires s'inquiètent et s'indignent que la disparition de l'allemand dans le public favorise la fuite des élèves intéressés vers le privé.

Faudra-til désormais payer pour apprendre l'allemand ? Une situation qui ne ferait que renforcer encore l'image élitiste qui colle déjà trop à la peau de la langue allemande.

Voici quelques avis sur la question. N'hésitez pas à donner votre point de vue au bas de ce post.


"Cette suppression est dans la logique des choix du gouvernement: l'étude de l'allemand se fera désormais dans le privé! Et paiera qui pourra!"
  
L'allemand est en train effectivement de disparaître de l'offre du service public de la manière la plus subreptice qui soit. En revanche, on s'active sur le marché privé pour élaborer les outils d'apprentissage d'une langue qui n'est pas uniquement celle de Goethe"

"Il faut arrêter d'asphyxier l'Education Nationale au profit du privé sous toutes ses formes."


"Il est primordial de conserver l'apprentissage de cette langue, sinon de plus en plus d'élèves iront dans le privé, et par conséquent le démantélement du service public..."

"Il faut sauver l'enseignement en France. Si le gouvernement continue sur cette logique il faut fermer toutes les écoles publiques, comme ça il y aura le maximum d'économies."
 

samedi 26 février 2011

Vers plus de lisibilité pour notre mouvement ...

Après bientôt 15 jours d'existence, notre mouvement gagne peu à peu en lisibilité.
La pétition en ligne a dépassé hier les 2000 signatures et après la publication de l'avis de décès et du témoignage "A quoi bon enseigner l'allemand ?" sur le blog citoyen champenois auboisementcorrect, des médias nationaux s'emparent du sujet.

Le café pédagogique fait un lien vers la pétition en ligne au bas d'une interview de Luc Chatel sur la réforme de l'enseignement des langues et le site Agoravox publie le témoignage d'une des membres du collectif.

jeudi 24 février 2011

A bas les clichés : l'accent allemand !

Voilà une chanteuse qui ne peut que réconcilier avec l'accent allemand, vous savez, cet horrible accent, celui que l'on entend dans les films de guerre ...

Non, l'allemand, ce n'est que que ça, c'est aussi Annett Louisan qui nous emmène, avec beaucoup d'humour et avec sa suave voix, faire un "concours de mufleries".

Je vous laisse découvrir.

Komm, wir gehen Fettnäpfenwetthüpfen ...

mercredi 23 février 2011

Témoignage : A quoi bon enseigner l'allemand ?

Voici le témoignage d’une des enseignantes à l’origine du collectif, un témoignage à l’image de ce que ressentent les professeurs d’allemand dans la région et ailleurs en France.

Comme tant d’autres professeurs d’allemand, j’en suis arrivée à un point où je me pose la question de mon devenir dans l’Education Nationale. Pourtant, j’ai à peine une dizaine d’années d’ancienneté dans le métier. Je me rappelle mon enthousiasme lorsque j’ai lu mon nom sur la liste des reçus au concours. J’allais pouvoir enseigner cette langue qui m’a toujours attiré, faire partager ma passion pour un pays et ses habitants si chaleureux, si accueillants. Je me souviens mon envie de faire aimer la langue à mes premiers élèves.

« happée par la grande machine à broyer »

 

Aujourd’hui, la réalité du métier m’exaspère . Je me sens comme happée par la grande machine à broyer qu’est devenue l’Education Nationale et par ses contradictions : il faut relancer l’enseignement de l’allemand, les ministres successifs, les recteurs, les inspecteurs, les proviseurs et les principaux, se font les chantres de ces belles paroles.
Un peu naïve, j’y croyais encore jusqu’à peu, pourtant déjà échaudée il y a quelques années par une suppression de poste. Je voulais y croire : toute mon énergie pour initier les élèves à l’école primaire, mais le budget pour payer les interventions dans le premier degré vient d’être supprimé à la rentrée 2010.
Toute mon énergie pour rendre vivant mon enseignement, pour promouvoir ma discipline. En allemand, ce ne sont pas les possibilités qui manquent : emmener les élèves au cinéma, planifier un échange, leur proposer un concours, les filmer, un menu allemand à la cantine, … A côté des heures en classe, des cours à préparer, des copies à corriger et des nombreuses tâches administratives inhérentes au métier et qui, chaque année se font plus nombreuses et plus astreignantes, mon agenda se remplit. Puis j’entends le couperet tomber, «  vous avez suffisamment d’élèves pour avoir 2 groupes, alors il faut choisir : une heure de moins par groupe ou bien on mettra un quota pour que vous n’ayez qu’un seul groupe, vous comprenez la dotation horaire n’est pas prévue pour 2 groupes d’allemand ...  ».

« Alors à quoi bon prétendre vouloir relancer ma discipline »

 

Alors à quoi bon prétendre vouloir relancer ma discipline, si toute initiative est vouée à l’échec et si le nombre d’élèves est soumis à quota : Lorsque j’ai moins de 15 élèves, mon groupe n’est pas viable, on ne va pas me payer à enseigner devant 15 élèves alors que mes collègues des autres disciplines en ont 30. Lorsque j’ai plus de 30 élèves, désolé, il est impossible de créer 2 groupes ou bien mon horaire d’enseignement sera réduit.
Je sais bien que je ne suis pas à plaindre, je connais trop bien les situations catastrophiques de certains de mes collègues enseignant sur plusieurs établissements, toujours sur la route, enseignant à des élèves de plusieurs niveaux dans le même groupe, question de rentabilité, mais toute cette énergie déployée pour rien m’exaspère.
Pour regarder ce que mon employeur me propose comme échappatoire à la fin annoncée de ma discipline ou à un avenir bien morose si je reste professeur d’allemand, je clique sur la rubrique Ressources Humaines du site de l’académie de Reims. Que pourrais-je bien devenir en restant dans l’enseignement ? Car j’aime ça, le contact avec les élèves, transmettre, communiquer des savoirs mais également apprendre aux élèves à vivre ensemble.
Un premier choix m’est proposé : me reconvertir dans une autre matière, dans la liste des disciplines porteuses dans la région, l’allemand … Je regarde alors les possibilités de mentions complémentaires : enseigner le théâtre, apprendre aux élèves en difficultés … uniquement des options dont on sait très bien qu’elles sont les premières à disparaître en ces périodes de restrictions budgétaires. Dernier onglet sur lequel cliquer : la seconde carrière des enseignants. Mais pour moi, il n’en est pas question, il faut enseigner depuis au moins 15 ans.

« Tout plaquer et... »

 

Alors je pense à plusieurs solutions.
Tout plaquer et aller ouvrir une chambre et table d’hôtes sur la côte Atlantique, au moins, je pourrais assouvir mon autre passion pour la cuisine tout en hébergeant quelques allemands.
Devenir une prof je m’en foutiste et ne rien faire d’autre que le strict nécessaire jusqu’à extinction totale de mon vivier d’élèves.
Me battre pour un peu de considération et de respect pour l’enseignement de la langue maternelle la plus parlée en Europe et pour tous les collègues, qui comme moi, s’efforcent de faire leur boulot le mieux possible et en ont ras-le-bol de voir le boomerang leur revenir en pleine face.

un témoignage en ligne sur auboisementcorrect

mardi 22 février 2011

Imposer la LV2 à l'école : un contresens pédagogique ?

Aujourd'hui, nous vous proposons un premier débat, une réflexion sur le choix de la LV2.

En effet, nombre de commentaires sur la pétition en ligne ( clic!) s'inquiètent que le choix de la LV2 puisse disparaître.

"Les parents et les enfants doivent pouvoir choisir les langues vivantes étudiées. ce choix est déjà restreint en campagne alors ne nous enlevez pas tout."


"Cela voudra donc dire que l'élève n'aura même plus le choix allemand ou espagnol. Quelle en est donc la raison ? "


" Les écoles doivent avoir le choix de leur seconde langue."


"En tant que professeur d'espagnol, je trouve nécessaire et sain un choix pluriel des langues pour chaque enfant."


Votre avis nous intéresse. N'hésitez pas à débattre par le biais des commentaires au bas de ce message !

lundi 21 février 2011

L'agonie du vieil homme

Avant de s'éteindre, l'enseignement de l'allemand, nous avait fait parvenir un texte que nous vous diffusons aujourd'hui :



Depuis des années, j 'agonise.

Depuis des années, je vois les dirigeants successifs des deux états français et allemands, défiler à mon chevet et trouver, tels de bons médecins-chercheurs, de nouveaux traitements qui pourraient me guérir : des plans de relance, des programmes d'échange, des actions multiples et variées, … Je les vois revenir, tous les 22 Janvier, en bons infirmiers, et m'injecter ma piqûre de rappel « Journée franco-allemande ».

Je vois mes enfants, les enseignants d'allemand, y croire, investissant de leur temps et de leur énergie pour que tous ces remèdes ne restent pas sans effet et que je recouvre un peu de santé et de vivacité.

Grâce à leurs bons soins, quelques semaines de rémission me font souffler.

Mais le mal est toujours là, profondément ancré, et l'air du temps vicié par la nécessité de l'efficacité, de la rentabilité, du profit, de l'utilité … n'épargne pas mon corps fragilisé. 
 
Tous les ans, un pas de plus m'entraîne vers l'inéluctable fin.


Je veux savoir. Existe-t-il encore un espoir de me sauver ? Et si le combat est vain je demande un peu de dignité et de respect. Je veux m'éteindre la tête haute, ne pas mourir de ma petite mort, entraînant dans ma chute tous ceux et toutes celles qui m'ont porté à bout de bras durant toutes ces années de maladie.

samedi 19 février 2011

500 signatures en ligne

Mise en ligne le 16 février sur le site pétition publique, notre appel a reçu, sur internet, le soutien de plus de 500 personnes en 3 jours et est actuellement la pétition la plus active du site.

Nous nous félicitons de constater que la situation de l'enseignement de l'allemand préoccupe.

En vrac, quelques commentaires laissés par les signataires, qui ne peuvent laisser indifférents à la situation de l'allemand. N'hésitez pas à allonger la liste de vos observations en faisant part de votre expérience au bas de ce message !

- la disparition de l'allemand ... "encore une conséquence de la vision mercantile du service public. L'allemand est la langue la plus parlée en Europe"

- "Honte à ceux qui veulent faire "reculer" la France : il nous faut avancer et enrichir l'éducation nationale et non l'inverse !!!! N'oublions pas : notre avenir à tous, se sont nos enfants..... Alors mobilisons nous pour arrêter ce massacre !!!"
 
- "L'allemand permet de se différencier de tous ceux qui connaissent l'anglais"

- "Pétition d'autant plus importante que Luc Chatel déclarant l'importance de l'apprentissages DES LANGUES prend parallèlement des mesures pour améliorer le s connaissances des élèves tous cycles confondus mais ceci UNIQUEMENT en ANGLAIS !!!!"

-"Je suis prof d'anglais et je pense que l'allemand doit résister et retrouver sa place."

-"Et après l'allemand, à qui le tour ? "

-"necessité absolu de l'enseignement de l'allemand pour travailler avec les pays europe de l'est et centrale, sinon nous laissons tout l'accès aux allemands, il n'y va pas tant de la langue elle-même que ce qui est contenu dans la langue pour pouvoir comprendre et penser comme nos interlocuteurs dans ces pays"

-"Grâce à l´enseignement de l´allemand en France et des sections comme internationale et Abi-Bac, j´ai pu partir et m´installer en Allemagne"

-"Pourquoi encore diminuer la richesse de l'enseignement des langues en France ? L'allemand est parlé dans 3 pays européens proches de la France"

vendredi 18 février 2011

Une bien triste nouvelle à vous annoncer ...

L'avis de décès de l'allemand vient d'être publié

Une pétition en ligne !

Notre toute première action a été de lancer un appel pour alerter l'opinion publique de la dégradation progressive de l'enseignement de l'allemand en France.

Cet appel s'accompagne d'une pétition que tout un chacun peut signer en ligne sur le site pétition publique : clic !

Faut-il sauver l'allemand ?


Après avoir été incontournable jusque dans les années 80, l'enseignement de l'allemand est aujourd'hui mis à mal. La France et l'Allemagne étant réconciliées et la paix en Europe considérée comme acquise, nous assistons à l'heure actuelle à une mort lente et progressive de cette matière :

 suppression de l'allemand en primaire
 suppression de l'allemand LV2
 diminution des horaires bilangues au collège 
 réduction du nombre de classes européennes
 suppression progressive de l'allemand renforcé au lycée ..

Nous, professeurs d'allemand,
Vous, parents, collègues, citoyens:
Devons-nous accepter que l'enseignement de la langue de notre premier partenaire économique européen soit laminé par une logique comptable qui met en péril les valeurs de l'école républicaine dans son ensemble?

Nous voulons dénoncer l'hypocrisie qui consiste à opposer discours et actes : d'un côté la volonté affichée des ministres franco-allemands de renforcer les liens entre nos deux pays d’ici à 2020, de l'autre la suppression effective de tout ce qui permet de faire vivre l'allemand à l'école.

Qu'est ce que cela signifie?

Qu'aujourd'hui, on a oublié qu'une langue n'est pas seulement un outil de communication, mais aussi un moyen d'offrir la possibilité à nos élèves de développer leur ouverture d'esprit, d'éveiller leur curiosité pour d'autres cultures, d'être plus tolérants. Soutenir l'apprentissage des langues de nos partenaires européens, c'est enfin la garantie de créer à terme un sentiment d'appartenance à l'Union Européenne.

Préserver l'apprentissage des langues, c'est se battre pour un choix de société!

Parce que la diversité linguistique et culturelle a un coût mais n'a pas de prix, réagissons pour sauver le choix des langues!

Willkommen !

Un premier message d'accueil pour inaugurer un blog que l'on aurait préféré ne jamais créer.

Face à la lourde menace qui pèse sur l'enseignement de l'allemand en France, nous, Collectif - sauver l'allemand, souhaitons alerter l'opinion publique, de l'évolution de l'apprentissage de la langue de Goethe au pays de Voltaire.

Bienvenue sur notre blog !